Cohérence Kid, un livre à mettre entre les mains de tous

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Soyons clairs dès le départ. Pour avoir lu 4 livres du Docteur O’Hare, suivi sa formation, puis l’avoir resuivie une bonne demi-douzaine de fois au fil des formations qu’il a effectuées auprès des enseignant.e.s de l’Académie de Poitiers, j’ai eu l’impression de trouver dans Cohérence Kid la synthèse de tout ce que j’avais appris au côté de David O’Hare au cours de ces dernières années. Ce résumé fourni par ce blog est riche et fourni mais loin d’être aussi complet que le livre qui explique en détail la mise en œuvre des respiroutines notamment .Cohérence Kid offre aussi le point de vue d’un médecin qui travaille depuis plus de 20 ans sur cette question et porte aujourd’hui un regard neuf et constructif sur la pratique de la cohérence cardiaque au premier âge. Puisse ce premier résumé vous donner envie de tester la cohérence cardiaque sur vous et vous donner l’envie de découvrir le livre que je ne peux que conseiller en toute subjectivité ( Je l’assume!) d’autant plus qu’il y  fait référence à une recherche-action menée pour la première fois dans les écoles publiques  françaises en 2017 dans l’Académie de Poitiers où je travaille et dans celle de la Réunion.

 

La cohérence cardiaque en quelques mots

 

C’est un état d’équilibre physiologique, physique et mental qui instaure un recentrage , un ressourcement et un renforcements de chacun de ces domaines ( p 13). Cet état est induit c’est à dire qu’il n’est pas spontanné et que le grand intérêt de ce livre va être de découvrir quelles pratiques vont permettre d’y parvenir ainsi  que la pédagogie pour mettre en oeuvre ces pratiques auprès des enfants..

A qui est destiné ce livre?

Il est destiné aux adultes mais son contenu s’adresse aux enfants. On y trouvera les ressources naturelles stimulées par la cohérence cardiaque pour renforcer:

  • la santé par l’équilibre émotionnel
  • la confiance en soi
  • le recentrage et la sérénité
  • l’apprentissage, la mémorisation
  • l’empathie, la bienveillance
  • la résilience

Il s’adressera particulièrement:

  • aux parents qui vivront cette relation privilégiée avec leurs enfants quelques minutes par jour.
  • aux enseignant.e.s qui vont pouvoir mettre en place des respiroutines dans le cadre de leurs rituels de journée de classe.
  • aux soignants, thérapeutes et aidants en contacts avec les jeunes publics.

Un peu d’histoire

Le lien entre la cohérence cardiaque et les performances cognitives de l’enfant a été mis en évidence par l’Institut Heartmath (USA). Puis elle a été introduite dans les écoles il y a 15 ans environ aux Etats-Unis par le psychologue Kees  Blase aux Pays-Bas, testée pour la première fois en maternelle au Québec à l’école de Sheerbrooke en 2011. Enfin en 2017 les expériences arrivent pour la première fois en France dans des établissements publics  des académies de Poitiers et de la Réunion avec, dans les deux académies plus de 8 élèves testés et 70 enseignant.e.s formé.e.s. Les résultats détaillés (p 19-21)  sont très favorables à cette pratiques et mettent en évidence une amélioration du climat de classe, une plus grande confiance en soi, une meilleure concentration… et surtout des bénéfices ressentis par les enfants comme pour les enseignant.e.s à titre personnel.

3 étapes:

Ce livre s’organise autour de 3 axes:

  • des bases de physiologie indispensables pour bien comprendre la cohérence cardiaque: la vie est simple.
  • les différentes pratiques respiratoires utilisées notamment dans les respiroutines: l’art et la manière de respirer.
  • les superpouvoirs activés par la cohérence cardiaque qui serviront à l’enfant pendant toute sa vie: les superpouvoirs.

 

Chapitre 1: la vie est simple

La vie c’est l’adaptation car nous vivons dans un environnement changeant. Face à cela, notre corps conserve un équilibre intérieur stable. C’est ce que l’on appelle la santé.

La vie c’est le mouvement et notre adaptation naturelle par l’éloignement (fuir un danger) ou le rapprochement ( rester dans un environnement sécurisé) de ce que nous percevons. Cette adaptation est essentiellement musculaire.

La vie c’est l’énergie . Dans le corps c’est l’action combinée du cœur et des poumons qui est à la base de celle-ci. Les poumons apportent l’oxygène qui se combinent aux réservent de glucose et le coeur se charge de la distribution aux muscles de cette énergie  grâce au système circulatoire..

Pour que le corps puisse à chaque instant disposer de l’énergie nécessaire face à un environnement changeant, nous disposons d’une tour de contrôle: le système nerveux autonome.

Le système nerveux autonome gère toutes les fonctions automatiques du corps (tout ce qui fonctionne même quand on n’y pense pas): digestion, respiration, élimination…et “approvisionnement en énergie”.

Il a 2 branches:

  • Une branche active(orthosympathique)
  • Une branche inhibe (parasympathique)

à partir des informations transmises par nos 5 sens.

Elles ne fonctionnent pas en même temps car elles sont antagonistes.

 

Le système nerveux orthosympathique ( Les usages aujourd’hui le font appeler sympathique et nous garderons cette appellation pour la suite de cette présentation) mobilise les ressources énergétique face au danger…et leur distribution. Donc il augmente la fréquence cardiaque.

Le système nerveux parasympathique s’occupe de la reconstitution des réserves, de la relaxation sans quoi nous serions vite épuisés.  Donc il diminue la fréquence cardiaque.

Toute forme de maladie correspond à un déséquilibre du système nerveux autonome.Le stress correspond à un excès de menaces qui ne sollicitent que le système sympathique et affaiblissent le corps car le système nerveux parasympathique ne prend jamais le relai. Aujourd’hui, 80 à 90% des pathologies médicales sont liées à un dérèglement du système nerveux autonome.

Les émotions sont liées directement au système nerveux autonome. Elles ont soit une polarité sympathique soit une polarité parasympathique.

coeur chaos

Le changement des stresseurs

Nos ancêtres avaient à gérer un stress-réflexe fuite (face à un danger immédiat et visible, un animal menaçant par exemple) et celui-ci était géré par le cerveau reptilien.

Aujourd’hui nos stress nous viennent davantage de notre  cerveau cortical (fonction de réflexion, analyse et planification): question d’argent, de relation, de situation professionnelle…mais la programmation du cerveau reptilien n’a pas changé depuis nos ancêtres. Ce qui veut dire que  notre cerveau reptilien accueille des stress beaucoup plus nombreux qu’il catalogue comme autant de menaces potentielles et conduit aux pathologies modernes que sont le burn out out l’infartus.

Il n’existe qu’un seul moyen de “calmer”  ce réflexe automatique (et archaïque) de réaction de survie commandé par notre cerveau face au stress: contrôler le système nerveux autonome, ce qui risque d’être assez difficile …puisqu’il est autonome. Toujours est-il qu’il est possible de l’éduquer, l’équilibrer et le renforcer et ce, dès le plus jeune âge.

 

Chapitre 2: l’art et la manière de respirer

Dans de très nombreuses cultures et civilisations ( chinoise, grecque, indienne, latine…) vie et respiration sont liées. La respiration est contrôlée par le système nerveux autonome. C’est donc une fonction automatique, adaptative à l’environnement et involontaire. Evidemment nous pouvons consciemment la ralentir, l’augmenter ou même la stopper quelques instants mais jamais définitivement, sans quoi le système nerveux autonome prend le relai pour rétablir le réflexe de respiration. C’est automatique.

L’inspiration est sympathique. Le système nerveux autonome mobilise de l’énergie, la pression artérielle augmente et la fréquence cardiaque également.

L’expiration est parasympathique. Le système nerveux relâche le corps qui reconstitue de l’énergie. La pression artérielle diminue et la fréquence cardiaque également.

Notre rythme respiratoire varie en permanence car commandé par notre système nerveux autonome. C’est ce que l’on appelle la fréquence respiratoire et elle est naturellement chaotique.

 

Pourquoi la cohérence cardiaque devrait-elle s’appeler cohérence cardio-respiratoire?

Le système nerveux sympathique augmente la fréquence cardiaque et la fréquence respiratoire.

Le système nerveux parasympathique diminue la fréquence cardiaque et la fréquence respiratoire.

L’un comme l’autre sont indissociables.

Dans la vie de tous les jours, notre cœur s’adapte en permanence. On enregistre une fréquence cardiaque moyenne qui peut être de 70 battements minutes mais, dans cette minute, elle peut monter à 90 et descendre à 60. C’est ce que l’on appelle la variabilité cardiaque.  Ce chaos cardiaque est la norme d’une bonne santé. Cela veut dire que notre cœur et notre respiration s’adaptent en permanence à ce que nous percevons: stress ou bien être.

La respiration attentive

Si maintenant, vous vous concentrez sur votre respiration et uniquement sur celle-ci, votre variabilité cardiaque va devenir plus régulière et si celle-ci est enregistrée, elle va décrire une période (Le temps entre deux pics va devenir identique.) La respiration consciente a influé sur le système nerveux autonome qui lui-même a généré un état d’équilibre entre système nerveux sympathique et système nerveux parasympathique. Dans ce cas, la courbe de notre respiration et celle de notre fréquence cardiaque sont superposables.

La manière de respirer

Celle-ci est assez simple à mettre en place chez l’enfant qui possède  les ressources respiratoires optimales pour se mettre en cohérence cardiaque. (La variabilité cardiaque est maximale  au premier âge de la vie c’est à dire avant la puberté.)

La première étape de cette découverte est la respiration attentive. L’attention est exclusivement portée sur le flux respiratoire et les mouvements de l’abdomen et du thorax. On observe le circuit de l’air (Le Docteur O’Hare conseille l’inspiration par le nez (sympathique) et l’expiration par la bouche (parasympathique))

La respiration abdominale  se concentre sur la région des viscères consacrée à la digestion et l’élimination et alimentée par le nerf vague ou( nerf pneumo-gastrique ou nerf parasympathique NDLR)*

Se concentrer sur cette région, c’est activer davantage le système parasympathique et un état de relaxation. La respiration abdominale est prépondérante chez l’enfant . Elle va diminuer au profit des étages thoraciques et claviculaires. On la ressent en posant la main sur notre ventre.

La respiration thoracique. C’est l’étage de la respiration par excellence. Se concentrer sur cet étage permet d’égaliser les temps d’expiration et d’inspiration jusqu’à la cohérence cardiaque. C’est l’équilibre parasympatique/sympathique.

La respiration claviculaire. C’est principalement la respiration liée au stress et à l’activité intense. Elle est essentiellement sympathique. 

respiration_no-stress

 

La respiration guidée

Elle s’appuie sur un guide respiratoire avec l’objectif de contrôler la fréquence respiratoire et de réguler directement le système nerveux autonome. L’attention se porte alors  sur la respiration et sur la fréquence respiratoire.

Chez l’adulte, elle peut être guidée par de multiples supports avec un objectif de 6 cycles respiratoires par minute. C’est ce que l’on appelle la fréquence de résonnance. C’est la méthode 3.6.5. du Docteur O’Hare (3 fois par jour 6 cycles respiratoires/minute) décrite dans son livre du même nom. 

Chez l’enfant, la fréquence de résonnance idéale est plus élevée et elle diminue lorsque l’enfant grandit. L’enfant a une variabilité cardiaque maximale quelle que soit la fréquence de résonnance qu’il utilise en respiration guidée. On peut donc, avec lui, utiliser toute respiration guidée à fréquence fixe, dont celle à 6 cycles par minutes utilisée chez l’adulte.

Les effets immédiats seront comme chez l’adulte:

  • un recentrage physiologique
  • un apaisement
  • une baisse de l’activation du système nerveux sympathique et du stress
  • une meilleure attention
  • un sentiment d’apaisement et de calme.

En pratique, chez l’enfant, elle peut se faire à la demande, à deux, en collectivité, avec des guides visuels, auditifs ou un mélange de toutes ces techniques.

La durée de la session

Le Docteur O’Hare recommande environ 3 respirations par année d’âge soit 21 respirations de 7 ans par exemple.

La respiration synchrone

Lorsque 2 personnes respirent à l’unisson c’est à dire inspirent et expirent en même temps, elles sont en respiration synchrone. La synchronisation induit un état de cohérence cardiaque collectif. La raison scientifique en est la présence d’un petit cerveau situé dans l’oreillette droite du coeur, qui commande les battements du coeur et qui est lui-même connecté au système nerveux autonome. Lorsque le coeur entre en cohérence cardiaque, le sinus auriculaire émet un signal électromagnétique équivalent à une onde radio. Cette onde a une fréquence de O,10Hz. Si nous sommes proches de quelqu’un en cohérence cardiaque, notre système nerveux autonome aura tendance à se syntoniser c’est à dire à s’accorder en résonnance. En pratique un adulte peut ainsi guider un groupe d’enfants (monter la main à l’inspiration et la baisser à l’expiration) et synchroniser les respirations de ce groupe  avec la sienne.

La respiration empathique

Il s’agit d’allier la cohérence cardiaque et une intention de bienveillance, d’amour, d’attention envers l’autre. L’institut Hearthmath a établi qu’il y avait un lien entre la cohérence cardiaque et la sécrétion d’ocytocine, une hormone parasympathique  qui favorise le rapprochement social.

L’expiration apaisante

On peut la pratiquer en privilégiant une expiration plus longue, ce qui provoquera un effet relaxant.

L’inspiration active

Elle se pratique en accentuant l’inspiration par rapport à l’expiration ce qui a un effet stimulant.

La respiration avec mouvements lents

En général toute forme de mouvement est plutôt associé à une réaction sympathique de notre système nerveux. On peut néanmoins nuancer cette généralisation dans certains cas dont celui de la marche Afghane où les pas sont synchronisés sur la méditation et la respiration.

La respiration avec image mentale

Elle est souvent un plus chez l’enfant qui rentre beaucoup plus facilement que l’adulte dans des pratiques de visualisation et  stimulera son imagination et sa capacité à se créer ses propres aventures avec ses propres super-héros.

 

Chapitre 3: les superpouvoirs

Quand on est enfants, il s’agit des pouvoirs détenus par  nos super-héros, superwomen et supermen. Devenus adultes, ces superpouvoirs deviennent plus “classiques. Ce sont davantage des ressources, des facultés émotionnelles ou mentales que nous pouvons développer avec la cohérence cardiaque.

superpouvoirs_enfants

Les superpouvoirs primaires sont activés par la respiration. Ce sont:

 

  • synchronisation
  • l’apaisement
  • l’énergie
  • le recentrage

Les superpouvoirs secondaires sont activés par la respiration à laquelle on ajoutera un élément non-respiratoire. Ce sont:

  • la résilience
  • l’attention
  • la bienveillance
  • la confiance
  • la visualisation

La synchronisation

Il est activé par la respiration synchrone. Il stimule les capacités d’adaptation, la mémorisation, les compétences sociales, l’apprentissage. Ce “faire en même temps” a été mis en avant par la P.N.L. qui l’a appelé miroring ou effet miroir.Elle a été mise en évidence par les neurones miroirs  qui auraient un rôle dans la socialisation.

Le recentrage

C’est un état intermédiaire entre nos émotions sympathiques et parasympathiques.Elle est obtenue par la respiration synchrone. C’est une forme de neutralité physiologique et émotionnelle que l’enfant appellera plus simplement “la paix” ou “le retour au calme”.

L’apaisement

Il est obtenu en privilégiant l’expiration par rapport à l’inspiration. Il correspond à un relâchement de nos tensions musculaires qu’il s’agisse  de nos muscles squelettiques  ou des muscles blancs des viscères liés à la digestion et l’élimination.  C’est aussi une prise de distance sur le plan mental par rapport à nos émotions. On peut y associer une sensation de lourdeur, de chaleur dirigée vers l’intérieur. C’est le calme, la sérénité.

L’énergie

Ce superpouvoir est activé par la respiration synchrone. L’inspiration sera prioritaire. Elle stimulera le système nerveux sympathique qui permet la mise en action, la sécrétion de cortisol et d’adrénaline, deux hormones énergisantes et dynamisantes tant physiquement que mentalement.

La résilience

Elle est obtenue par la pratique de la respiration attentive qui permet de développer et d’augmenter notre capacité à faire face à une situation de stress. Ce concept, introduit par Boris Cyrulnik par cette citation “La résilience c’est l’art de naviguer entre les torrents” correspond à une faculté de “rebond”. Elle rend possible une plus grande confiance en soi, une faculté d’engagement. Elle est corrélée à notre ego mais aussi à notre histoire. Donc elle n’est pas innée (On la différencie notamment par cela du recentrage qui est un réflexe). C’est donc une pratique que l’on acquiert par l’entraînement régulier notamment…par la pratique de la cohérence cardiaque.

L’attention

On l’acquiert par une pratique régulière de toute forme de respiration…attentive

On la retrouve dans les pratiques telle que la méditation de pleine conscience ou le yoga. La méditation de pleine conscience est une mise à distance de ses pensées et de ses émotions pour s’ancrer dans le présent. Le yoga est une discipline permettant de réaliser l’union des aspect physique, psychique et spirituel de l’être humain, par des exercices corporels, avec des effets sensiblement identiques à ceux de la cohérence cardiaque. Toute pratique de cohérence cardiaque à laquelle on associe une attention au corps, à son ressenti, devient une pratique de pleine conscience. Le Docteur O”’Hare y associera volontiers un ancrage au sol et une focalisation sur l’ici et maintenant.

 

La bienveillance

Ce superpouvoir fonctionne en associant la respiration synchrone et une pensée empathique et bienveillante. Il renforce le sentiment d’appartenance à un groupe et l’attention portée aux émotions et aux sentiments ressentis par l’autre. Il se caractérise par la sécrétion de l’ocytocine, hormone du rapprochement, de l’attachement, parasympathique par excellence. Celle-ci secrète  elle-même de la dopamine ( motivation) des endorphines (bien-être) et de la sérotonine (humeur). La BNDF est une hormone sécrétée par l’organisme en situation de bienveillance . Cette dernière a un rôle très important pour le développement cérébral et les neurones. Elle est très active pour l’apprentissage, la mémoire et les fonctions cognitives. A ce titre, pour ses fonctions physiologiques et mentales, la bienveillance  est un super pouvoir essentiel pour les enfants.

 

La latéralisation

Elle est activée par la respiration synchrone à laquelle on associe des mouvements alternés gauche/droite s’inspirant:

– du Brain-Gym (26 exercices types pour une stimulation cérébrale par un mouvement latéralisé droite/gauche)

– de l’E.M.D.R. (Eye Movement Desensitization Reprocessing) qui consiste en des mouvements oculaires alternatifs droite/gauche pour traiter des affections émotionnelles.

Aujourd’hui ces deux disciplines ont apporté des résultats même si la médecine occidentale n’apporte pas encore d’explication scientifique. Il est possible de se référer à la médecine chinoise plus ancienne qui associe le Yang (sympathique) au côté droit du corps et le yin (parasympathique) au côté gauche.

La pratique idéale pour  viser une meilleure latéralisation chez l’enfant peut s’effectuer vers 3-4 ans, âge auquel cette notion se construit.

La confiance

Elle peut être activée par une respiration synchrone. Avoir confiance ou faire confiance c’est prendre des distances par rapport à l’inconnu, son stress et ses peurs. C’est une compétence majoritairement parasympathique. Il est renforcé par les relations sociales, la gratitude et la reconnaissance, stimulé par l’ocytocine. Les résultats menés dans les écoles des académies de Poitiers et de la Réunion démontrent que l’un des premiers effets quasi-instantané de la pratique régulière de la cohérence cardiaque est une augmentation de la confiance en soi. Elle est essentiellement utilisée en tant que désensibilisateur à toutes les émotions et croyances bloquantes qui empêcheraient d’atteindre un objectif. Le Graal de la confiance en soi chez l’enfant? “Même pas peur!”

La visualisation

Obtenue par une respiration synchrone et une image mentale elle stimule l’imagination et renforce la mémorisation et la curiosité. Laisser venir à soi une image que l’on a créée est un jeu auquel se prête facilement un enfant.

Utiliser la visualisation permettra d’habiller encore plus une respiroutine, de la rendre attractive en lui offrant un scénario amené par l’adulte ou, encore mieux, créé par l’enfant à l’imagination débordante!

 

Chapitre 4: les respiroutines

Décrire les 47 respiroutines ne nous semble pas correspondre à l’esprit de ce livre qui selon nous:

– doit avoir une entrée non linéaire et servir les besoins de l’enfant en fonction de la situation de classe pour les enseignant.e.s ou en fonction du moment de vie pour les parents.

– doit favoriser une appropriation de ces respiroutines et permettre à chacun.e de développer sa propre pratique. Faire un résumé de ces respiroutines nous semblerait réducteur et non conforme à la réalité de son utilisation(NDLR)

 

 

clip_premiere_semaine_partage from Poitiers Sud Vienne on Vimeo.

Néanmoins voici ce que j’ai particulièrement apprécié dans la présentation de ces respiroutines. Pour chacune d’entre elles, on retrouvera:

  • la tranche d’âge concernée.
  • l’objectif et la démarche pour introduire la respiroutine.
  • les commentaires et les recommandations.
  • le ou les accessoire.s optionnel.s
  • une variante proposée
  • les superpouvoirs travaillés par la respiroutine.

Nous ferons juste une exception pour le respirocalm, la première d’entre elles dont l’objectif sera la maîtrise  de la respiration synchrone, base de toutes les respiroutines, pour tous les enfants de 2 à 11 ans. Elle consistera à inspirer en comptant jusqu’à 5 ( Le guidage par un adulte est conseillé au début.) puis à expirer en comptant jusqu’à 5 .  L’adulte guidera ainsi 12 respirations complètes (inspir/expir) puis  s’arrêtera, attendra une à 2 minutes puis demandera aux enfants ce qu’ils ont ressenti.

Ainsi, au fil des lectures, des respiroutines telles que l’aspirapeur (4-8ans), l’orage sur la mer (7-11 ans) Flora de fleur en fleur (4-8 ans), la pluie (2-11 ans) …vont stimuler le recentrage alors que Bye-Bye l’ennui (7-11 ans), le souffle du lion(4-8 ans),Lapinou (2-6 ans), Le souffle de Drago (7-11 ans), La Ola de Malo (7-11 ans) …vont stimuler notre énergie. D’autres respiroutines telles que Pauvre Zia (4-8ans), Le gâteau d’anniversaire (4-8ans), Prends ma main (2-6ans) …développeront la bienveillance.

Chacune des 47 respiroutines développera une ou simultanément plusieurs des 10 super-pouvoirs.

 

Chapitre 5: respiropratique

Comment choisir la respiroutine?

Celle-ci peut être pratiquée avec un enfant seul ou en collectivité.

En collectivité

Il est possible de classer les besoins en 4 catégories:

– La synchronisation.

Elle est une base commune à la grande majorité des respiroutines et peut être pratiquée 2 à 3 fois par jour pour renforcer les effets de la cohérence cardiaque.

– Le recentrage

Il peut être utilisé quand le climat de classe ne nécessite pas particulièrement un apaisement ou une stimulation.

– L’apaisement

Il est très efficace quand le climat de classe est agité et excité.

– L’énergie

Elle est idéale quand les enfants doivent se préparer à soutenir leur attention et mobiliser leur énergie dans le cadre d’un apprentissage.

 

Un tableau synthétique (p 188-189) reprend les respiroutines proposées en fonction de l’âge et de chacune de ces 4 situations avec, en regard, les superpouvoirs activés.

 

Avec un enfant seul

Les respiroutines peuvent être utilisées en tête à tête avec l’enfant en fonction de la situation. Le Docteur O’Hare apporte notamment des réponses “respiratoires” au petits tracas du quotidien tels que:

  • l’anxiété liée à une sensation de danger d’origine indéterminée avec un excès du système nerveux sympatique auquel on propose une routine respiratoire à visée apaisante.
  • la peur du noir . A la différence de l’anxiété  l’objet de la peur est nommé. Il sera possible de la faire décrire plus précisément et d’y associer des respiroutines apaisantes auxquelles on pourra associer la visualisation d’une image agréable.
  • L’hypersensibilité et l’émotion extrême pourra être contrôlée  avec des respiroutines de résilience et d’ancrage.
  • L’hyperactivité est une autre facette de l’hypersensibilité qui aura pour réponse des routines apaisantes avec un accent mis sur l’expiration.
  • Une douleur. Il sera possible de pratiquer la cohérence cardiaque en se centrant sur la région douloureuse en en imaginant qu’elle diminue à chaque souffle.
  • La difficulté à s’endormir . Il sera possible d’associer au rituels habituels du coucher ( histoire, câlins, bisous etc.) des respiroutines apaisantes puis pour le parent de rester à côté de l’enfant pendant qu’il s’endort en se mettant lui-même en cohérence cardiaque. Effet garanti…pour chacun.
  • En cas de cauchemar, la respiroutine “Prends ma main” qui associe le contact corporel parent/enfant et la synchronisation respiratoire par la pratique de la cohérence cardiaque, sera très efficace.
  • Pipi au lit: La cohérence cardiaque n’est pas un traitement contre l’énurésie. Toutefois , dans sa pratique de médecin , le Docteur O’Hare, a relevé des améliorations qui lui ont été rapportées par des parents l’ayant pratiquée avec leurs enfants. La respiroutines “Les trois souffles”, aidant à conscientiser les trois étages de la respiration et favorisant le recentrage peut ainsi être mise en place au coucher.

 

Evidemment, ne sont là évoquées que les situations les plus fréquentes, l’objectif étant que chacun d’entre nous, enseignant.e., parent, construise sa propre pratique puis y apporte une extension , une variante qui lui sera tout à fait personnelle.

Chapitre 6: poursuivre.

Ce livre est proposé pour le premier cycle de la vie. Que faire après? Au moment de la puberté avec  tous les changements que cela implique?

Pratiquer le 365 reste une solution qui fera, de toutes façons, son effet mais ne sera pas forcément adaptée à un.e adolescent.e tant pour des raisons physiologiques (changement de taille notamment) que psychologique ( les solutions des adultes n’ont pas beaucoup de “valeur “chez nos ados)

 

La pratique libre sera sans doute la meilleure solution:

  • en prêtant attention à la respiration.
  • en utilisant la marche lente à laquelle on associera la respiration consciente ( cf marche Afghane)
  • par la contemplation en respiration consciente ( écoute de musique, observation d’image ou d’oeuvre.

Pour terminer le Docteur O’Hare répond aux questions qui reviennent souvent de la part des adultes au sujet de la cohérence cardiaque chez l’enfant. Je vous invite à lire le livre pour y retrouver ses réponses complètes.  Je prendrai la liberté de mettre en avant quelques éléments dans ces réponses  à propos de la pratique de la cohérence cardiaque à l’école, car celles-ci font écho à ce que j’ai pu observer dans les écoles engagées dans l’expérimentation menée en 2017-2018 dans l’Académie de Poitiers.

 

  • Les contre-indications  à la cohérence cardiaque chez l’enfant: il n’y en a aucune.

 

  • Faut-il la pratiquer 3 fois par jour?  La variabilité cardiaque est à son maximum chez l’enfant et une pratique  à la demande en fonction des besoins exprimés, à partir des respiroutines, est préférable à une pratique régulière.

 

  • Faut-il pratiquer 5 minutes? Le Docteur O’Hare préfère appliquer la règle des 3 respirations par année d’âge.

 

  • Quand doit-on pratiquer à l’école? Quand le besoin s’en fait sentir, souvent dans un moment de transition. Dans le cadre de l’expérimentation menée dans les écoles de Poitiers, la pratique avait lieu lors de chaque retour en classe (arrivée du matin, fin de récréation du matin, retour de pause méridienne et, en fonction des emplois du temps, retour de la récréation de l’après-midi)

 

  • Un enfant qui sanglote peut-il pratiquer une respiroutine? Les sanglots sont une suite d’inspirations bloquées. Le recentrage par la cohérence cardiaque favorisera ce retour à la normale.

 

  • La cohérence cardiaque, comment l’expliquer aux parents?: Parler de  “respiration guidée” sera plus adapté au contexte.  “En classe, nous proposons des exercices de respirations guidée ludiques où tous les enfants respirent ensemble lentement et avec attention. Ces exercices sont favorables à l’apprentissage, au retour au calme, ils créent un lien entre les enfants et améliorent le climat de la classe.” (phrase du Dr O”Hare page 200)

 

Quelques ressources

 

Pour tester la cohérence  cardiaque, les références sont nombreuses. Je conseille particulièrement:

– des ressources gratuites:

  • le site cohérence.info.com qui dispose d’une respirothèque  très complète ( plus de 40 guides respiratoires) pour une première pratique.
  • l’application Respirelax à télécharger sur son smartphone

– des ressources à faible  coût en regard des bénéfices qu’elles apportent:

J’invite aussi les enseignant.e.s qui souhaiteraient mettre en place cette pratique à se rendre sur la chaîne Viméo de la circonscription de Poitiers Sud Vienne. Vous y retrouverez des vidéos reprenant chaque phase de cette expérimentation, montrant des pratiques de classe et de nombreux témoignages d’enfants, enseignant.e.s, parents, élus ainsi que de l’Inspectrice qui a la charge de la circonscription qui a expérimenté. Je suis évidemment à votre disposition par l’intermédiaire de ce blog.

 

Mon avis: Ce livre est une mine d’informations. Il est un outil très complet pour la mise en oeuvre d’une pratique respiratoire simple, gratuite dont on découvre les très nombreux effets sur la gestion des émotions, les conditions de l’apprentissage (confiance en soi, attention, concentration) l’apprentissage lui-même ( mémorisation, planification) et dans de nombreuses situations quotidiennes à l’école ou en famille. Je le recommande à tous les enseignant.e.s, parents, adultes qui, après s’être approprié les bases de la cohérence cardiaque, pourront, à leur tour construire leur propre pratique. A ce jour , une double expérimentation a eu lieu dans les Académies de la Réunion et de Poitiers.Il est à noter enfin que la recherche action que j’ai souvent eu la fierté de mentionner pour y avoir participé sur l’Académie de Poitiers, fera l’objet d’une publication de résultats officielle dans les colonnes du Cardie ( Centre académique recherche-développement, innovation et expérimentation) de l’Académie de Poitiers au cours du mois de novembre 2018.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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